Ski Alpin - Preview Coupe du monde hommes 2026-2027 : Odermatt vers un sixième gros globe
VP
20 octobre 2026 · 11 min de lecture
Coupe du monde de ski alpin hommes 2026-2027 : la preview complète, de Sölden à Sun Valley
Dimanche 25 octobre, le glacier du Rettenbach rouvre le bal. Marco Odermatt y débarque avec cinq gros globes d'affilée sous le bras et cette petite question qui flotte dans l'air : qui, cette fois, peut l'empêcher d'en ajouter un sixième ? Lucas Pinheiro Braathen pense avoir trouvé la parade en se lançant en super-G, Marco Schwarz range ses skis de slalom pour mieux revenir, et tout ce petit monde a déjà un œil sur les Mondiaux de Crans-Montana. Avant le premier départ, voici comment je vois l'hiver.
Calendrier 2026-2027 et absents : ce qui change chez les hommes
L'hiver sera long : 43 courses, sept de plus que la saison passée. Dix descentes, dix super-G, dix géants et treize slaloms. Les techniciens récupèrent deux slaloms au passage, mais Odermatt garde ses trente rendez-vous dans les trois disciplines où il règne.
- 25 octobre : Sölden (Autriche), le géant d'ouverture.
- 15 et 22 novembre : les slaloms de Levi (Finlande) et Gurgl (Autriche).
- 28 novembre - 6 décembre : la tournée américaine, de Copper Mountain à Beaver Creek, avec deux descentes, deux super-G et deux géants.
- 12-13 décembre : Val d'Isère, géant et slalom.
- 18-23 décembre : Val Gardena, Alta Badia et son nouveau slalom en nocturne, puis Madonna di Campiglio.
- 28-29 décembre : Bormio, descente et super-G.
- Janvier : Kranjska Gora, Adelboden, Wengen, Kitzbühel, Schladming, et un slalom à Chamonix le 30.
- 1er au 14 février : les Championnats du monde à Crans-Montana.
- Fin février - mars : un dernier bloc de vitesse avec Garmisch-Partenkirchen et Kvitfjell, puis Åre les 13 et 14 mars, une première pour les techniciens masculins.
- 20-25 mars : les finales à Sun Valley (États-Unis).
Ceux qui manqueront
Le coup le plus dur concerne Aleksander Aamodt Kilde. Le Norvégien, qui sortait à peine de deux ans de galère, s'est rompu le tendon d'Achille en chutant à l'entraînement de descente au Chili, le 14 octobre. Aucune date de retour n'est avancée.
Le peloton perd aussi trois figures parties à la retraite au printemps : Alexis Pinturault, Niels Hintermann et Dave Ryding. Quant à Marcel Hirscher, toujours en reconstruction, il ne sera pas au départ à Sölden.
Marco Odermatt, vers un sixième gros globe
Mon favori : Marco Odermatt (Suisse)
Cinq gros globes de suite. Avant lui, seuls Marcel Hirscher et Annemarie Moser-Pröll avaient tenu un tel rythme. L'hiver dernier, le Nidwaldien a bouclé la saison avec 1 626 points, plus de 560 devant son premier poursuivant, et il a ramassé au passage les globes de descente et de super-G. Le gros globe était dans la poche dès Courchevel, à six courses de la fin.
Ce qui me frappe le plus chez lui, c'est sa solidité. Dix saisons de Coupe du monde, et jamais une blessure qui l'ait tenu éloigné longtemps des pistes. La plus sérieuse reste une contusion au ménisque sur la Streif en 2023 : deux courses manquées, puis une victoire dès son retour. Cet été, une contracture lui a fait rater une semaine de neige au Chili. Rien qui m'inquiète.
Il a aussi de quoi garder faim. Le globe de géant lui a filé entre les doigts lors d'une sortie en finale à Hafjell, et ses Jeux se sont soldés par deux médailles d'argent et une de bronze, sans or. Des Mondiaux à la maison, à Crans-Montana, et une victoire en descente sur la Streif qui manque toujours à son palmarès : la motivation ne fera pas défaut.
J'ai retourné cette saison dans tous les sens. Les deux derniers hivers, le calendrier, les programmes de chacun, l'âge des uns, la montée en puissance des autres, le danger qui guette tout descendeur. J'arrive toujours au même endroit : sur 43 courses, seule une blessure peut le priver du gros globe. Même avec sa semaine de retard, je le vois franchir la barre des 1 900 points. Les bookmakers, eux, le proposent à 1,65. Ils lui laissent à peine six chances sur dix. Je lui en donne bien davantage, et c'est le décalage le plus criant de cet hiver.
Le pari de la saison
Marco Odermatt vainqueur du gros globe de cristal @ 1,65 (mise : 1,5 %)
Cote disponible chez Betclic et Winamax, relevée le 20 octobre.
Le top 10 de la saison en détail
2. Lucas Pinheiro Braathen (Brésil) : le dauphin qui se cherche en vitesse
Champion olympique du géant, vainqueur du petit globe de la discipline arraché à Odermatt lors de la toute dernière course, et auteur de la première victoire brésilienne en Coupe du monde, à Levi : à 26 ans, Braathen sort de l'hiver le plus abouti de sa carrière. Il a fini deuxième du général avec 1 058 points.
Il ne s'en cache pas, c'est le gros globe qu'il vise désormais. Pour y parvenir, il ajoute le super-G à son programme, avec une équipe portée à neuf personnes et plusieurs semaines de vitesse au Chili. Le défi est immense : il n'a jamais disputé que trois super-G en Coupe du monde. Il sera au départ à Copper Mountain et Beaver Creek, puis il décidera de la suite selon ses sensations.
Les treize slaloms du calendrier l'aideront, c'est certain. Mais le fossé avec Odermatt reste vertigineux : même en rajoutant des courses à la saison dernière, il resterait plus de 700 points de retard. Je le vois plutôt suivre la trajectoire d'un Alexis Pinturault, capable de briller sur les super-G les plus tournants, là où le technicien fait la différence. Sur les tracés rapides, en revanche, le pari pourrait se retourner contre lui : chaque journée de vitesse, c'est une journée de moins en slalom et en géant. Deuxième, oui. Menaçant pour le titre, j'en doute.
3. Atle Lie McGrath (Norvège) : le roi du slalom en pleine ascension
En un an, le Norvégien a gagné près de 270 points. Troisième du général avec 936 points, il a décroché le globe de slalom (584 points), en signant notamment un nouveau succès à Wengen, et il a ajouté 330 points en géant.
Il traîne pourtant une cicatrice. Aux Jeux de Bormio, en tête après la première manche du slalom, il a enfourché dès le haut de la seconde. Le genre de souvenir qui peut nourrir une saison entière. Avec treize slaloms au menu et 26 ans seulement, je le vois défendre son globe et consolider sa place sur le podium final.
4. Loïc Meillard (Suisse) : le champion olympique devenu papa
Quel hiver pour le Valaisan. L'or olympique en slalom, le bronze en géant, l'argent au combiné par équipes, puis un mariage et la naissance de sa fille au printemps. Quatrième du général avec 923 points, il aborde la saison à 30 ans avec une sérénité nouvelle.
La paternité ? Il assure que rien n'a changé dans sa façon de partir sur le circuit. Je le crois volontiers, d'autant que sa préparation a été bien meilleure que l'an dernier : il a skié tous les jours en Nouvelle-Zélande et changé de préparateur physique après dix ans de collaboration. Le super-G, lui, attendra, faute d'entraînement de vitesse suffisant cet automne.
Son talon d'Achille reste le début de saison. Il n'est jamais monté sur un podium à Sölden et avoue peiner sur la neige agressive de l'automne. Ne vous attendez donc pas à le voir briller tout de suite. Son vrai rendez-vous est en février, à Crans-Montana, devant son public, avec en ligne de mire ce premier vrai globe de discipline qui lui échappe encore.
5. Henrik Kristoffersen (Norvège) : le vétéran qui résiste
Deuxième du général en 2025, cinquième l'an dernier avec 821 points : la courbe descend doucement, et Kristoffersen a 32 ans. Mais il reste l'un des slalomeurs les plus réguliers du circuit, toujours là quand il faut monter sur la boîte, et il est reparti des Jeux avec une médaille de bronze.
6. Franjo von Allmen (Suisse) : le triple champion olympique
Trois titres olympiques en une quinzaine, en descente, en super-G et au combiné par équipes. À 25 ans, von Allmen a écrasé les Jeux, et il défendra à Crans-Montana sa couronne mondiale de descente. Septième du général avec 770 points, il bute pourtant sur une évidence : deux disciplines seulement, et Odermatt devant lui dans chacune. Pour le général, c'est un plafond.
7. Marco Schwarz (Autriche) : la grosse remontée de l'hiver
C'est mon pari pour le général. Onzième l'an dernier avec 613 points, l'Autrichien a pris une décision forte : fini le slalom, place à la descente, au super-G et au géant. Ce choix ne lui coûte presque rien. Il n'avait marqué que 89 points en slalom, des points que je considère largement hypothétiques à son niveau actuel dans la discipline.
Schwarz revient de loin. Après sa grave blessure au genou à Bormio, fin 2023, il était tombé à 243 points en 2025, avant de remonter à 613 l'hiver dernier. Il a gagné en géant à Alta Badia, en super-G à Livigno, et pris la deuxième place à Sölden juste derrière Odermatt. Son nouveau programme lui offre trente courses, exactement comme le Suisse.
Les chiffres de l'an dernier le situeraient plutôt autour de la douzième place. Je pense qu'ils sous-estiment sa dynamique. Libéré du slalom, l'ancien vainqueur du globe de la discipline peut retrouver son meilleur niveau en géant et en vitesse, et finir entre la sixième et la huitième place.
8. Timon Haugan (Norvège) : le slalomeur des finales
Le Norvégien a remporté le slalom de Val d'Isère puis celui des finales, pour finir sixième du général avec 776 points. Treize slaloms au programme, c'est un terrain idéal pour rester dans le top 10.
9. Vincent Kriechmayr (Autriche) : l'expérience de la vitesse
Vainqueur du super-G de Beaver Creek et de la descente de Courchevel, deuxième du classement du super-G, Kriechmayr a fini huitième du général avec 731 points. À 35 ans, il reste une valeur sûre dès que ça va vite, même si l'âge finira par réclamer son dû.
10. Giovanni Franzoni (Italie) : la révélation italienne
De 187 à 663 points en un an. Franzoni a explosé l'hiver dernier, avec ses premières victoires au super-G de Wengen puis dans la descente de Kitzbühel, rien que ça. À 25 ans, il a tout pour s'installer durablement dans le top 10.
Ceux qui peuvent bousculer la hiérarchie
Derrière ce top 10, il y a du monde à l'affût. Dominik Paris d'abord : neuvième l'an dernier, double vainqueur aux finales et médaillé de bronze olympique sur sa piste de Bormio, il est encore là à 37 ans. Côté français, Clément Noël a trouvé une régularité impressionnante en slalom, avec neuf top 10 en onze courses ; si les victoires reviennent, le globe de la discipline est à sa portée. Paco Rassat, lui, a goûté à la victoire deux fois l'hiver dernier, dont la première de sa carrière à Gurgl.
J'ai aussi un œil sur le Finlandais Eduard Hallberg, passé de 55 à 339 points en slalom, la plus belle progression du circuit. En vitesse, Alexis Monney, Stefan Rogentin et Raphael Haaser peuvent monter sur un podium n'importe quel week-end. Et en géant, Stefan Brennsteiner, quatrième du classement de la discipline et vainqueur à Copper Mountain, comme Alex Vinatzer, en progrès constant, ont de quoi jouer les trouble-fêtes.
Mon pronostic
- Gros globe de cristal 2027 : Marco Odermatt, @ 1,65 chez Betclic et Winamax (mise : 1,5 %).
- Deuxième du général : Lucas Pinheiro Braathen, mais loin derrière.
- La remontée de l'hiver : Marco Schwarz, entre la sixième et la huitième place.
- Globe de slalom : Atle Lie McGrath.
Odermatt reste au-dessus du lot. Trente courses dans ses disciplines, un corps qui n'a jamais lâché, une marge que personne n'a su grignoter : à 1,65, la cote ne lui rend pas justice, et c'est mon pari de la saison. Braathen prendra la deuxième place grâce aux slaloms, mais son aventure en super-G ne suffira pas à combler l'écart. Et si l'hiver doit offrir une belle histoire, je la vois du côté de Marco Schwarz. Cotes relevées le 20 octobre, à vérifier avant de jouer.
