Ski Alpin - Pronostic Géant Femmes Sölden

VP

VP

21 octobre 2026 · 11 min de lecture

Six mois après les finales de Hafjell, la Coupe du monde féminine reprend ses droits samedi sur le glacier du Rettenbach. Le géant de Sölden, c'est toujours le premier vrai test de la saison : on y découvre qui a bien travaillé l'été, qui a changé de matériel et qui revient de blessure. Julia Scheib, lauréate ici l'an dernier et reine du géant 2025-2026, part avec l'étiquette de favorite, mais derrière elle, la bataille pour le top 10 s'annonce passionnante.

Informations clés :

  • Quand ? Samedi 24 octobre 2026
  • Où ? Sölden, Autriche, glacier du Rettenbach
  • Météo ? Un temps changeant est attendu samedi, avec de faibles précipitations possibles. La neige, conservée depuis le printemps, reste de très bonne qualité.
  • Heures de départ ? Deux manches, 10h00 et 13h00

Le Rettenbach, une piste qui ne pardonne pas

Le contrôle de neige FIS a été validé le 15 octobre, et la course est confirmée malgré un été et un automne très chauds : les organisateurs ont pu compter sur la neige stockée depuis l'hiver et sur les canons lancés ces derniers jours grâce au retour du froid. Le profil, lui, ne change pas : environ 370 mètres de dénivelé, des pentes qui montent jusqu'à 68 % dans le mur du haut, puis une partie finale plus plate et ondulée où il faut savoir garder sa vitesse.

C'est une piste de skieuses complètes. Il faut du courage en haut, de la glisse en bas, et surtout ne pas se faire piéger par les ruptures de pente. En ouverture de saison, personne n'a de repères chronométriques, ce qui rend souvent la course un peu plus ouverte qu'on ne l'imagine.

Plusieurs absences marquantes au départ : Federica Brignone, toujours en convalescence après sa nouvelle opération au genou, et Sofia Goggia, qui a rayé Sölden de son programme après une double infection virale contractée en Argentine. Lara Gut-Behrami, troisième ici l'an dernier, a mis fin à sa carrière cet été. Katharina Liensberger, Kajsa Vickhoff Lie et Nina Astner ne figurent pas non plus sur la liste de départ. À l'inverse, Marta Bassino et Petra Vlhová font leur retour.

Coup dur pour Valérie Grenier

La plus mauvaise nouvelle de la semaine est venue du Canada. Valérie Grenier, victorieuse du dernier géant de la saison passée aux finales de Hafjell, s'est blessée au genou lors d'un entraînement sur la piste de course, ici même à Sölden, quelques jours avant l'ouverture. Elle est rentrée au Canada pour être opérée ce vendredi 23 octobre, et aucune date de retour n'a été annoncée. « To say I'm heartbroken is an understatement », a-t-elle écrit. C'est une cruelle répétition pour la Québécoise, déjà privée de la fin de saison 2023-2024 après sa lourde chute de Cortina, et qui avait manqué toute une saison après sa fracture de la jambe aux Mondiaux d'Åre en 2019. Elle sera évidemment absente samedi.

Le tracé de la première manche

La première manche compte 45 portes, dont deux portes retardées, avec un écart moyen d'environ 28,5 mètres entre les portes. Le tracé a deux visages bien distincts.

Le haut, très direct : sur les neuf premières portes, le traceur a peu décalé les portes, et la pente passe de 40 % au départ à un quasi-replat autour des portes 8 à 10. Il faut de la glisse pour arriver vite dans le mur.

Le mur, très tournant : des portes 10 à 28, les portes sont décalées de 9 à plus de 12 mètres, avec des virages très fermés, sur une pente qui monte jusqu'à 50 %. C'est là que se jouera l'essentiel du chrono, sur un peu plus de 40 % de la longueur du tracé.

Le piège de la porte 28 : une porte retardée casse le rythme pile à la sortie du mur. Une faute à cet endroit se paie sur les 480 mètres plus faciles qui suivent.

Le bas, en glisse : après la transition, le tracé se tend progressivement et la dernière partie, à partir de la seconde porte retardée (porte 39), est presque droite sur une pente de 9 à 13 %, jusqu'aux vagues de l'arrivée.

Ce tracé récompense les skieuses propres et rythmées dans le raide, capables de sortir vite du mur pour porter leur vitesse sur le plat.

Les dossards

Le tirage au sort de vendredi soir a donné le dossard 1 à Alice Robinson, devant Julia Scheib (2), Sara Hector (3), Thea Louise Stjernesund (4), Mikaela Shiffrin (5), Paula Moltzan (6) et Camille Rast (7). Derrière, Britt Richardson hérite du 8, Mina Fürst Holtmann du 11, Maryna Gąsienica-Daniel du 15 et A J Hurt du 23. Avec une neige de cette qualité, l'ordre de départ devrait peser peu, sauf si les précipitations tombent pendant la première manche.

Les favorites

Julia Scheib (AUT)

Difficile de ne pas commencer par elle. L'an dernier, Scheib a décroché ici sa première victoire en Coupe du monde, puis elle a enchaîné à Tremblant, Semmering, Kronplatz et Åre pour aller chercher le petit globe du géant avec 720 points, loin devant tout le monde. Sur les dix géants de Coupe du monde de l'hiver, elle en a gagné six et n'a quitté le podium que sur ses deux abandons. Autrement dit, quand elle va au bout, elle est sur le podium, et le plus souvent sur la plus haute marche. Elle skie à domicile, devant un public qui l'attend, avec le dossard 2 sur une neige impeccable, et elle a même ajouté de la vitesse à sa préparation estivale, un plus sur les longues parties de glisse de ce tracé. Le mur tournant de la première manche correspond exactement à ses points forts. Son seul vrai adversaire samedi, c'est la faute.

Alice Robinson (NZL)

Robinson a gagné deux géants l'hiver dernier, à Copper Mountain et à Tremblant, et elle a montré en super-G qu'elle avait franchi un cap. Mais elle a aussi connu deux abandons et une non-qualification en géant, et elle n'avait pris que la huitième place ici l'an dernier. Elle a signé chez Head cet été, et c'est toujours une petite inconnue de voir comment une skieuse s'adapte à un nouveau matériel dès la première course. Elle ouvrira la course avec le dossard 1.

Sara Hector (SWE)

Troisième du classement du géant l'an dernier, victorieuse à Špindlerův Mlýn et médaillée d'argent aux Jeux, Hector est l'une des géantistes les plus solides du circuit : quand elle termine, elle est quasiment toujours dans les quatre premières. Mais Sölden ne lui a jamais vraiment souri, avec aucun podium en six participations. Elle a aussi changé de serviceman cet été après six ans de collaboration, un détail qui compte beaucoup en ouverture.

Mikaela Shiffrin (USA)

Quatrième ici l'an dernier et quatrième du classement du géant avec un podium à Špindlerův Mlýn, Shiffrin a été d'une grande régularité (aucun abandon sur l'hiver), mais sans jamais vraiment jouer la gagne. Elle annonce une « saison d'exploration » : plus de géant et de super-G, et une impasse sur les slaloms de Levi et Gurgl. Sölden sera un premier indicateur intéressant de ce que ce changement de priorités peut donner.

Le face-à-face : Paula Moltzan devant Camille Rast

Sur la saison passée, Rast a souvent eu le dessus : elle a fini devant Moltzan huit fois sur onze, Jeux compris, et a terminé deuxième du classement du géant avec 511 points. Mais Sölden est une course à part, et sur ce glacier, les rôles s'inversent.

Paula Moltzan adore le Rettenbach : deuxième ici l'an dernier, elle a ensuite enchaîné trois autres podiums dans la saison. Camille Rast, elle, n'a jamais trouvé ses marques à Sölden, avec une quinzième place l'an dernier. Elle arrive en plus avec une hanche qui la gêne toujours, au point d'avoir fait l'impasse sur le super-G pour se concentrer sur la technique. En ouverture, sans repère chrono, l'expérience d'une piste et la confiance qu'elle procure comptent beaucoup.

Les deux skieuses partiront avec les dossards 6 et 7, donc dans des conditions identiques. Les bookmakers voient d'ailleurs l'Américaine légèrement devant.

Les outsiders pour le top 10

Derrière les six favorites, la lutte pour les places d'honneur est très ouverte. Les cotes sur les places sont ici particulièrement intéressantes : les bookmakers ont concentré leur marge sur les favorites et laissent des prix généreux sur certaines skieuses du peloton.

Mina Fürst Holtmann (NOR)

La Norvégienne a fini l'hiver en trombe avec une deuxième place aux finales, la preuve qu'elle a le niveau pour s'inviter tout devant. Elle partira avec le dossard 11, juste derrière le premier groupe, sur une piste encore intacte. Proposée à 5.5 pour le top 10 et à 15 pour le top 6, elle est cotée comme une skieuse du deuxième rideau, ce qu'elle n'était plus en fin de saison. Le podium, proposé jusqu'à 70, reste un pari d'outsider, mais à ce prix, il mérite une petite mise.

A J Hurt (USA)

Treizième ici l'an dernier, Hurt connaît bien le Rettenbach. Avec le dossard 23, la première manche sera la clé : une fois qualifiée, une bonne deuxième manche peut faire gagner beaucoup de places à Sölden, l'ordre de départ inversé du top 30 offrant une piste plus propre à celles qui se sont qualifiées plus loin. À 5.5 pour le top 10 et 15 pour le top 6, le prix est intéressant.

Britt Richardson (CAN)

Richardson a été l'une des plus régulières du circuit, avec huit arrivées dans les points sur dix courses et une neuvième place à Špindlerův Mlýn. Avec le dossard 8, elle s'élancera juste après les sept favorites, ce qui est un vrai avantage sur un mur qui se creuse au fil des passages. Les bookmakers l'ont d'ailleurs bien remarqué et ont fortement baissé ses cotes sur les places après le tirage. Le podium, lui, reste à 51 : un pari d'outsider, à petite mise.

Le reste du peloton

Stjernesund, cinquième ici l'an dernier, et Ljutić, capable du meilleur comme du pire, seront à suivre, tout comme Colturi, septième en 2025. O'Brien et Della Mea se disputeront aussi le top 10. Emma Aicher, grande favorite du gros globe, aborde en revanche sa discipline la plus faible : vingt-huitième ici l'an dernier, elle est pourtant cotée 1.50 pour le top 10, un prix qui paraît bien court. Maryna Gąsienica-Daniel reprend après une blessure, Stephanie Brunner a fini fort l'hiver dernier, et les retours de Marta Bassino et Petra Vlhová, après une longue absence, sont déjà une belle histoire.

Les Françaises

Une seule Française au départ samedi : Doriane Escané. C'est le reflet d'une période difficile pour le géant féminin tricolore, entre la retraite de Clara Direz, meilleure Française ici l'an dernier, et la grave blessure au genou de Camille Cerutti en Argentine.

Escané, 27 ans, née à Perpignan et licenciée à Courchevel, a un parcours fait de patience. Deuxième du classement du géant de Coupe d'Europe en 2019-2020, elle a ensuite vu sa carrière freinée par plusieurs blessures au genou, avant de se relancer. L'hiver dernier, elle a enfin trouvé sa place en Coupe du monde : dix-septième à Kranjska Gora, son meilleur résultat, vingt-quatrième à Špindlerův Mlýn, puis vingt-deuxième du géant olympique de Cortina. Sölden, en revanche, ne lui a jamais réussi : elle tentera samedi d'accéder à la deuxième manche pour la première fois en six participations.

Que peut-elle espérer ? Soyons réalistes : l'objectif est de se qualifier pour la deuxième manche, donc d'entrer dans le top 30 après la première. Avec le dossard 35 sur une piste qui se dégrade vite, ce ne sera pas simple, mais le mur du Rettenbach récompense les skieuses qui osent. Une place autour de la vingtième position serait déjà une très belle façon de lancer son hiver, et un signal fort pour le géant féminin français.

Les paris

  • Julia Scheib victoire : cote 2.40
  • Paula Moltzan devant Camille Rast : cote 1.78
  • Mina Fürst Holtmann dans le top 10 : cote 5.5, à jouer au-dessus de 4
  • Mina Fürst Holtmann dans le top 6 : cote 15, à jouer au-dessus de 9
  • Mina Fürst Holtmann sur le podium : cote 70, à jouer au-dessus de 31
  • A J Hurt dans le top 10 : cote 5.5, à jouer au-dessus de 4.6
  • A J Hurt dans le top 6 : cote 15, à jouer au-dessus de 12
  • A J Hurt sur le podium : cote 50, à jouer au-dessus de 40
  • Britt Richardson sur le podium : cote 51, à jouer au-dessus de 37

Les paris sur le podium sont des paris d'outsiders, à jouer avec de petites mises. Les cotes ont été relevées vendredi soir et peuvent encore bouger avant le départ : pensez à les vérifier.

Partager cette analyse

Les dernières analyses

Envie d'en
discuter ?

On en parle sur le Discord, avant et pendant la course.

Rejoindre le Discord